Le salon de Hua Tuo

Dans le contexte de la médecine intégrée, échanger sur les approches psychocorporelles, notamment celles issues de la tradition chinoise

November 29th, 2008

En Nouvelle-Écosse, le qigong aide au traitement de la fibromyalgie

Dans son édition du 11 novembre 2008, en page 2, le Medical Post fait état d’une étude pilote réalisée en Nouvelle-Écosse où des patients atteints de fibromyalgie furent aidés par la pratique du qigong.

Pour consulter cet article

April 30th, 2008

Le réseau des soins palliatifs du Québec s’intéresse aux médecines alternatives et complémentaires (MAC)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous le thème “La vie qui prend son sens”, le réseau des soins palliatifs du Québec tenait son 18iè congrès annuel à Gatineau les 24 et 25 avril 2008.

 L’auteur de ce site y a présenté une conférence dont voici le contenu:

Des médecines alternatives et complémentaires (MAC) en soins palliatifs. Qu’est-ce qui a du sens?  

 Introduction 

À une étape de la vie où un bilan s’impose quasiment de soi, l’heure est à la quête de sens. Les interventions proposées en fin de vie pour en améliorer la qualité doivent s’inscrire dans la direction signifiante de la guérison (healing) tant pour la personne atteinte que pour son environnement de soins.  

Un contexte qui donne un sens 

C’est le propos de cette conférence de faire un survol de divers éléments contextuels qui ont conduit à l’introduction des MAC en soins palliatifs. À titre de premier facteur, citons la demande croissante de ces services dans la population en général depuis au moins deux ou trois décennies. Pour illustrer cela, nous constatons que de 1990 à 1997, le nombre de consultations à des praticiens des MAC a augmenté de 47% aux États-Unis, finissant par largement dépasser celui fait aux médecins de première ligne.

Au Canada, en 1999-2000, 60 – 70% des citoyens avaient eu recours aux MAC. En 2007, au Québec, une proportion de 74% de la population estime que la médecine douce a sa place dans les hôpitaux et 80% des gens sont favorables à l’emploi de la médecine douce en cas d’échec de la médecine traditionnelle. Selon une étude datant de 2004 effectuée dans l’état de Washington, les hommes et les femmes atteintes de cancer ont respectivement utilisé les MAC dans 60 et 80% des cas avec une nette prépondérance des vitamines et minéraux. 

Suite à ces faits, la médecine conventionnelle se transforme tant dans sa philosophie d’intervention que dans les moyens qu’elle utilise. La médecine intégrée se définit comme une pratique qui réaffirme l’importance de la relation thérapeutique, se concentre sur la globalité de la personne, est informée par des données probantes et emploie toutes les approches thérapeutiques appropriées pour atteindre la santé optimale et la guérison.  

Il importe ici de bien définir ce qui est entendu par guérison au sens du terme anglais « healing ». Nous voulons signifier un processus qui restaure l’harmonie et l’équilibre entre le corps et l’esprit (Glaister 2001). Un virage dans notre qualité de vie, de l’angoisse et la souffrance vers une expérience d’intégrité, de totalité et de paix intérieure (Mount 2006, 2007). En accord avec cette ligne de pensée, l’oncologie intégrée combine chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie avec des modalités des MAC répondant aux exigences de sécurité et d’efficacité fondées sur des preuves, cela dans le but d’améliorer le bien-être. 

Le paradigme selon lequel il y a une maladie à traiter perd du terrain face à celui où il est plutôt question d’aider une personne à guérir. Le mode relationnel entre le patient et son médecin se métamorphose aussi. Au lieu d’un patient plutôt passif face à un traitement proposé (imposé) par un médecin, nous aurons davantage tendance à favoriser un échange entre une équipe soignante et un participant aux interventions à recevoir. Certes, des interventions qui viseront encore l’aspect biologique de la maladie mais aussi le Soi, vocable employé pour nommer les dimensions psychologiques, sociales et spirituelles de la personne atteinte. 

Cette nouvelle philosophie de soins a commencé à influencer l’organisation des services en Amérique du Nord à tout le moins. À titre d’exemples, l’impact d’une forte demande pour les MAC en oncologie a motivé la formation du « Office of Cancer Complementary and Alternative Medicine » (OCCAM) au sein de l’Institut National du Cancer (National Cancer Institute) en 1998. Au cours de la même année, Le MD Anderson Cancer Center lançait son programme de médecine intégrée et en 2003, nous assistions à la formation de la Société pour une oncologie intégrée (SIO). 

Le premier centre de soutien au traitement du cancer voit le jour en 2007 au Québec grâce à la collaboration de l’organisme à but non lucratif L’espoir , c’est la vie et de la Fondation de l’Hôpital général juif. Davantage en lien avec les soins palliatifs, La Maison Michel-Sarrazin constitue un exemple ou sont offertes diverses approches complémentaires parmi les activités de son centre de jour. 

La réponse de relaxation constitue une hypothèse scientifique qui fonde notamment l’usage des approches psychocorporelles en médecine intégrée. Nous la devons en grande partie aux travaux du Dr Herbert Benson, cardiologue enseignant à l’Université Harvard et fondateur d’une clinique médicale réputée dont les interventions sont fondées sur ce principe. La réponse de relaxation peut se définir comme le déclenchement d’un ensemble de réactions physiologiques se produisant quand une personne s’engage patiemment dans une activité mentale ou physique répétitive et ignore passivement ses pensées distrayantes.

D’autres scientifiques ont exploré plus profondément ce mécanisme afin d’en identifier les voies anatomiques et biochimiques. Divers neurotransmetteurs sont identifiés et le système limbique cérébral joue une large part dans l’explication des effets ressentis. Le modèle mis en œuvre par l’équipe des chercheurs Tobias Esch et Georges B. Stefano couvre les interactions pouvant se produire du niveau moléculaire jusqu’à l’environnement social de la personne. Celui-ci suggère un rationnel original aux approches de groupe et au maintien de relations saines. 

En terminant cette section de l’exposé, rappelons que l’oncologie intégrée vise à promouvoir une relation thérapeutique saine orientée vers la guérison . Elle offre ce qui est supporté par la recherche scientifique surtout en matière de contrôle des symptômes face à la maladie et à ses traitements.  

La situation dans le milieu des soins palliatifs 

Maintenant, qu’en est-il de l’utilisation des MAC dans le milieu des soins palliatifs? Une étude parue en 2007 brosse un tableau partiel des ressources anglophones canadiennes. Parmi 74 centres faisant partie de l’Association canadienne de soins palliatifs, 88% fournissent ou permettent la dispensation de MAC depuis une moyenne de 8.5 ans et 67% jugent cela utile ou très utile.

Par ailleurs, moins de 25% des patients reçoivent ces soins qui sont dispensés en majeure partie par des bénévoles. Le financement est limité ou absent. Parmi les centres qui n’offrent pas de MAC, 44% en valoriseraient cependant l’accès. Les approches les plus employées sont le massage et la musicothérapie, le toucher thérapeutique et l’imagerie guidée, de même que la méditation.

Parmi les obstacles à l’implantation des MAC, le manque de financement , les connaissances insuffisantes du personnel et sur la façon de développer un programme sont les plus cités. Les résistances de la part des familles et du personnel viennent en dernier lieu. Selon les données recueillies par cette étude, les principales recommandations pour améliorer la dispensation des MAC dans les milieux de soins palliatifs consistent à améliorer le financement, éduquer le personnel et émettre de meilleures lignes directrices.  

Parlons de quelques MAC qui se démarquent 

Le domaine des MAC est très vaste. Le Centre National des Médecines Alternatives et Complémentaires - National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM) – a divisé le champ de ces pratiques en quatre catégories perméables, lesquelles peuvent être chapeautées par des systèmes médicaux plus globaux.

Nous retrouvons les pratiques  fondées sur des manipulations corporelles (massage, chiropraxie), la médecine énergétique (toucher thérapeutique, reiki), les pratiques fondées sur la biologie (produits de santé naturels – PSN, suppléments alimentaires) et la médecine psychocorporelle (méditation, taijiquan, qigong, yoga). Nous consacrerons le reste de l’exposé à cette dernière approche. 

L’exercice physique constitue celle qui figure parmi les plus simples et les mieux documentées. Il contre le « déconditionnement » physique, diminue l’anxiété et la dépression, les nausées et les vomissements associés à la chimiothérapie. C’est aussi un excellent moyen pour diminuer la fatigue.  Le massage constitue l’approche complémentaire la mieux intégrée au système officiel de la santé. Parmi les principaux bienfaits, citons  la diminution de l’anxiété, de la douleur et des nausées. Certaines observations préliminaires laissent croire qu’il pourrait soutenir l’immunité. 

La pratique du yoga a été documentée pour réduire les nausées et améliorer le sommeil. Des recherches sont en cours au MD Anderson Cancer Center (TX) et au Albert Einstein College of Medicine (NY). L’acupuncture est utilisée pour soulager les nausées et vomissements. Selon une revue de la littérature, ce serait une des indications où elle s’illustre à son meilleur. Elle soulage aussi la douleur, l’anxiété et la dépression. Des données suggèrent qu’elle contribuerait aussi à soutenir l’immunité mais cela demande à être mieux documenté. 

Le docteur Ainslie Meares fut l’un des premiers à documenter l’usage de la méditation en phase terminale de la maladie cancéreuse. Dans un article, il relate que chez 73 patients, après 20 sessions de méditation intensive, presque tous notaient une réduction significative de l’anxiété et de la dépression, de l’inconfort et de la douleur. Le Dr Balfour M Mount, le père de la médecine palliative au Canada, a dit de la méditation :

Pour chacun de nous, le chemin vers la guérison sera différent. Le chemin le plus certain que j’ai trouvé est la méditation. …Le but de la méditation, dans ses multiples formes, est de créer une conscience alerte avec un esprit tranquille et une présence au moment (Mount 2006). 

De nos jours, la méditation de pleine conscience est scientifiquement documentée pour apporter des résultats semblables. Au Canada, des recherches sont en cours à l’Université de Calgary et à l’Université McGill. L’hypnose est une technique surtout employée lors de certaines procédures d’investigation (colonoscopie) pour réduire la douleur et l’anxiété. Une diminution des nausées et vomissement justifie aussi son utilisation. 

La pratique du qigong interne (exercices de santé selon la tradition chinoise) est très répandue dans les programmes de soutien au traitement du cancer depuis que madame Guo Lin, elle-même atteinte, en a fait la promotion en Chine. Les données objectives valables demeurent encore à venir mais, pour le moment, des observations cliniques encourageantes supportent son emploi.

Le Dr D. Spiegel fut l’un des premiers à en brosser officiellement un tableau positif en 2003 lors du congrès de la Société américaine d’oncologie clinique. Cette discipline peut être facilement adaptée à des états cliniques variés. Au Québec, des cours de qigong sont dispensés par la Fondation québécoise du cancer (Québec et Trois-Rivières), l’Organisation québécoise des personnes atteintes de cancer (OQPAC), le Centre de bien-être de L’espoir, c’est la vie – HGJ, l’Association du cancer de l’est du Québec (ACEQ) et par Accueil-Sérénité (organisme de Sainte-Claire de Bellechasse offrant du support psychologique aux personnes atteintes de cancer), à qui l’on doit d’avoir pris cette initiative au tournant de l’an 2000 . 

Le taijiquan (tai chi) se taille actuellement une bonne place parmi les interventions utiles en oncologie et en cardiologie. Il est employé dans plusieurs centres et ses effets combinent ceux rapportés pour l’exercice physique et la méditation. Une étude est rapportée à ce jour et deux autres sont actuellement en cours, supportées par le NCCAM. 

Je ne fais que mentionner le reiki, le toucher thérapeutique et le qigong externe. Ces techniques relevant du domaine des thérapies énergétiques, bien que sécuritaires et employées dans certains centres, ne disposent pas d’assises scientifiques suffisantes pour en recommander l’usage à l’heure actuelle. Des études supportées par le NCCAM investiguent le reiki et le toucher thérapeutique. Prudence et réalisme sont de mise.         

Conclusion 

En guise de conclusion, voici des suggestions de lecture qui vulgarisent bien la notion de médecine intégrée et ses bienfaits dans des aspects allant de la prévention à la palliation :

·         David Servan-Schreiber, Guérir, Robert Laffont, 2003.

·         David Servan-Schreiber, Anticancer, Robert Laffont, 2007.

·         Thierry Jansen, La solution intérieure, Fayard, 2006. 

Un guide de pratique (en anglais, disponible sur le site web de la Society for Integrative Oncology - SIO) www.integrativeonc.org 

·         Integrative oncology practice guidelines 2007 

Claude Fournier, MD.
Service de médecine intégrée
Centre de santé et de services sociaux de Beauce

November 18th, 2007

Une introduction aux médecines traditionnelles

Une femme médecin, la Dre Daniele Behn, nous sensibilise à diverses formes de médecines traditionnelles de par le monde. Voir le site de son émission “Medicine Woman”.

Des articles décrivant son aventure:

Dans le journal National Review of Medicine:

Healing quest takes MD around the world Healing quest takes MD around the world

Dans le Medical Post:

Dr Shaman?

À  suivre….

Claude

November 18th, 2007

Tendances, valeurs et croyances: Matière à réflexion

Une forte proportion de patients cancéreux utilise les MAC pendant et après leurs traitements conventionnels. Il est légitime de se questionner sur les motifs à agir de la sorte alors que ces modalités thérapeutiques ne sont pas encore scientifiquement validées dans leur ensemble et que certaines peuvent s’avérer inefficaces, dispendieuses, sinon potentiellement dangereuses.

 

Des courants sociaux dépassant le contexte purement médical ont été invoqués pour expliquer une partie de ce phénomène. On cite le multiculturalisme, le féminisme et l’environnementalisme. Un encouragement vers une plus grande prise en charge personnelle, vers une intervention plus globale et de nouveaux paradigmes scientifiques y sont également pour quelque chose.[285]

 

En marge de ces développements socioculturels, de nouveaux phénomènes contribuent à la montée des MAC. L’élévation du niveau de stress et des maladies chroniques couplée à la défaillance des interventions pharmacologiques et l’accès à l’information figurent parmi les plus apparents. [286] En 2007, 74 % des Québécois estimaient que les MAC avaient leur place dans les hôpitaux en complémentarité avec la médecine traditionnelle et 80 % de ceux-ci étaient favorables à recourir aux MAC en cas d’échec des traitements classiques.[287]

 

Au niveau personnel, les croyances et les valeurs, les attitudes, les préférences et les attentes semblent jouer un rôle important lors d’un choix thérapeutique. L’intérêt envers la qualité de vie, la réduction des effets secondaires, la réappropriation du pouvoir, le désir d’une approche plus holistique et celui d’un certain contrôle sur le traitement constituent les motifs les plus souvent mis en évidence par la recherche.[288]

 

Dans une revue de 52 articles parus de 1994 à 2004 en anglais et provenant de 14 pays dont le Canada, le désappointement envers le traitement ou le praticien comme incitatif au choix d’une MAC n’était mentionné de dans 2 études (3.8%).[3] Toutefois, une certaine insatisfaction face à la médecine conventionnelle et spécifiquement envers les médecins fut citée comme facteur prédisposant à l’usage des MAC notamment chez des femmes atteintes de cancer du sein. [289-293]

 

Les conclusions d’une étude regroupant 166 femmes atteintes de cancer du sein rapportaient un haut niveau de satisfaction envers leur oncologiste et leur traitement. Parmi le petit pourcentage de femmes insatisfaites, la plupart semblaient indiquer un problème dans la relation médecin-patient. La satisfaction face au médecin et au traitement était significativement moins grande chez les utilisatrices de MAC que chez celles qui ne les utilisaient pas.[294]

 

L’insatisfaction face au médecin et au traitement pourrait non seulement encourager l’usage des MAC, mais aussi partiellement en inhiber la divulgation. Alors que nous savons qu’une forte proportion de patients atteints de cancer utilisent les MAC, il faut par ailleurs constater que bien moins de la moitié de ceux-ci en parlent à leurs médecins.[295] Des études ont documenté un manque de communication entre les patients et leurs médecins concernant les MAC.[291, 296, 297] Une enquête effectuée en 2004 dans des cliniques américaines d’oncologie et sur Internet révéla qu’un peu plus de la moitié des patients avait eu recours aux MAC après leur diagnostic, mais que moins du tiers s’était référé aux professionnels de la santé comme source d’information.[298]

 

La recherche révèle qu’une proportion appréciable de patients n’en parle pas à leur médecin parce que celui-ci ne leur demande pas ou qu’ils pensent que leur médecin sera en désaccord, qu’il ne connaît pas les MAC, qu’il n’a pas le temps d’écouter et ne comprendrait pas. Par ailleurs, une connaissance limitée des MAC de la part des médecins, soit à cause d’une formation déficiente, soit par ignorance des sources d’information,  peut faire en sorte de ne pas aborder cette question.[299, 300] Au Québec, 86% de la population juge que les médecins devraient être mieux informés au sujet des MAC.[287]

 

Par delà l’usage de celles-ci, dans la perspective d’une approche centrée sur la personne comme l’est la médecine intégrée qui met la relation thérapeutique à l’avant-plan, une bonne communication entre les professionnels de la santé et le patient est souhaitable. Les observations disponibles conduisent à recommander l’examen des perceptions de part et d’autre de la relation thérapeutique afin de parvenir à une meilleure compréhension des croyances et des valeurs sous-jacentes aux choix de chacun.[301]

 

La relation médecin-patient et une communication ouverte sont de prime importance dans le processus de décision en regard d’un traitement. Une interaction positive est associée à la satisfaction du patient envers les soins, à une attitude favorable envers les médecins, à la compliance au traitement et au bien-être émotionnel. Une communication pauvre entre les médecins et les patients est associée à de hauts niveaux d’anxiété, à de la méfiance envers les pourvoyeurs de soins, à de la suspicion face aux recommandations thérapeutiques et à de l’insatisfaction pour les services médicaux. [294]

 

Le recours aux MAC peut constituer un message important du patient vers le professionnel de la santé concernant ses besoins, ses attentes, ses valeurs ou ses insatisfactions envers celui-ci ou son traitement. Un sentiment de ne pas être écouté ou bien informé, un traitement perçu inefficace, comportant des effets secondaires significatifs  ou allant à l’encontre des valeurs et croyances peut pousser un patient vers les MAC.

 

Une discussion ouverte est susceptible de contribuer à la résolution d’une insatisfaction et à l’abandon de produits possiblement inefficaces et coûteux alors que peuvent exister des thérapies conventionnelles éprouvées. Cela évitera aussi au professionnel de passer à côté de risques potentiels (interactions médicamenteuses, traitements dangereux, fardeau financier) pour le patient.[302]

 

En conclusion, les maigres données actuelles portent à croire qu’un échange entre le patient et le professionnel de la santé concernant les MAC améliorerait la relation thérapeutique et augmenterait la satisfaction envers les soins médicaux.[297, 300]

 

(Références disponibles sur demande).

 

Claude

November 18th, 2007

Médecine intégrée et cancer

Deux livres publiés en 2007 relatent l’expérience de leur auteur avec le cancer et les moyens naturels qu’ils ont pris pour combattre cette maladie afin de compléter les interventions classiques offertes par la médecine conventionnelle.

Anticancer de David Servan-Schreiber

Le rugissement du tigre contre le cancer de Jean-Paul Dutrey

Bonne lecture,

 Claude

September 10th, 2007

Qigong et taijiquan à l’Hôpital général juif

L’organisme bénévole « L’espoir, c’est la vie », situé à l’Hôpital général juif de Montréal a inauguré le 3 juillet 2007 son Centre de bien-être pour les personnes atteintes de cancer. Ce centre serait le premier au pays à proposer une salle d’exercice totalement équipée, une cuisine de démonstration, un programme de recherche et diverses activités thérapeutiques.

 Le qigong et le taijiquan font partie de la gamme d’activités proposées. Pour plus de renseignements, consulter les liens suivants :

 Centre de bien-être de L’espoir, c’est la vie HGJ 

L’espoir, c’est un centre de bien-être pour cancéreux

Bonne lecture,

Claude

August 23rd, 2007

La pratique du taijiquan pourrait améliorer l’immunité contre l’influenza

Une étude démontre que la pratique du taijiquan et du qigong pourrait augmenter l’immunité des personnes âgées contre l’influenza suite à une vaccination contre cette maladie.

Voir ce lien: http://www.sciencedaily.com/releases/2007/03/070323105002.htm

Il est intéressant de constater que cette découverte vient s’ajouter à celle que le taijiquan améliore également l’immunité contre le virus du zona chez les personnes àgées.

Voir ce lien: http://www.newsroom.ucla.edu/page.asp?RelNum=7806&menu=fullsearchresults

Des chercheurs ont lié la pratique de la méditation de pleine conscience à une amélioration de l’immunité contre le virus de l’influenza et ont démontré une augmentation de l’activité du cortex préfrontal gauche. Plus ce dernier était actif, plus élevé était le taux d’anticorps.

Voir ce lien: http://psyphz.psych.wisc.edu/web/pubs/2003/alterations_by_mindfulness.pdf

Renseignements complémentaires: Conférence Émotions, méditation et immunité

Quelqu’un pensera-t-il à relier la pratique du taijiquan à l’activité du cortex pré-frontal gauche?

Bien à vous,

 Claude

July 27th, 2007

La pratique du yoga en oncologie

La pratique du yoga date de plusieurs millénaires. Elle est traditionnellement reconnue pour ses bienfaits tant physiques que psychiques et la communauté médicale commence à admettre son usage, surtout dans la gestion du stress. À l’heure actuelle, les données scientifiques reconnues sont rares mais des résultats préliminaires suggèrent une utilité potentielle pour réduire les symptômes dans les syndromes du tunnel carpien  et du côlon irritable, de l’asthme et de la migraine. 

Il est encourageant de constater que la recherche est bien soutenue en oncologie: on retrouve quatre études en cours financées par le NCCAM. Devançant par contre une reconnaissance validée par des preuves en relation avec des indications précises, de nombreux centres nord-américains de traitement du cancer l’ont incorporé dans leurs programmes de support vers la fin des années ’90. À Québec, la Maison Michel-Sarrazin en a fait une activité de son centre de jour. Ces sessions de yoga, adaptées aux besoins et aux limites des patients sont d’ailleurs très populaires pour aider à contrôler les symptômes de la maladie et de son traitement  

Tirant son origine de la culture de l’Inde ancienne, le yoga est un sous-système de connaissances et de pratiques faisant partie intégrante de la tradition médicale ayurvédique. Plusieurs styles de yoga existent mais chacun comporte certains aspects centraux qu’il partage avec les autres. Ces approches sont interdépendantes les unes des autres mais nous pouvons distinguer des conseils de vie, des exercices physiques (adoption de certaines postures), un travail sur la respiration (pranayama) et diverses techniques méditatives. L’emphase sur l’un ou l’autre de ces aspects peut varier selon l’objectif recherché.  

Traditionnellement, le but initial du yoga était de préparer le corps et l’esprit à la méditation dans l’optique d’un travail spirituel. Si cela peut demeurer encore vrai aujourd’hui, les versions occidentalisées du yoga sont plutôt pratiquées pour leurs bénéfices secondaires  tant au niveau somatique que psychologique. En effet, le yoga est un mode d’intervention idéal pour améliorer la qualité de vie des patients cancéreux parce qu’il incorpore des éléments de relaxation, de support social et des exercices; éléments tous documentés pour améliorer la qualité de vie. 

Les résultats actuels des recherches scientifiques concernant certaines applications médicales du yoga pouvant être utilisées en oncologie sont équivoques de par la pauvre qualité méthodologique des études disponibles à ce jour. Bien qu’on ait démontré son efficacité à soulager le trouble obsessionnel compulsif et qu’un modèle neurophysiologique ait été proposé, une revue systématique de la littérature conclut qu’il n’est pas possible d’affirmer que le yoga est efficace pour traiter les troubles anxieux en général. 

Selon deux études non contrôlées, les résultats seraient un peu plus encourageants en ce qui concerne les troubles de l’humeur. D’après l’une d’elles, on note une certaine amélioration des symptômes chez des patients déprimés en rémission partielle et prenant encore une médication. L’autre consigne les bienfaits du yoga sur l’humeur et le stress de 113 patients d’un département de psychiatrie, cela mesuré par cinq échelles du test Profile of Mood State. En effet, une amélioration fut constatée pour la tension-anxiété, la dépression, la colère-hostilité et la fatigue-inertie. Une revue de la littérature vient confirmer ces résultats en s’appuyant sur cinq études contrôlées et randomisées. Cette dernière affirme prudemment que le yoga comporterait des bienfaits potentiels pour soulager les troubles dépressifs  

Une évidence préliminaire suggère un impact psychologique positif sur les survivants du cancer surtout vis-à-vis de l’humeur et du stress. Une petite étude pilote non contrôlée rapporte des bienfaits tant pour les patients d’une unité de soins palliatifs que pour le personnel qui y travaille. D’après une étude contrôlée à l’intérieur de laquelle les sujets étaient assignés selon une méthode de minimisation, une forme de yoga tibétain a aussi été rapportée pour améliorer significativement le sommeil chez des patients atteints de lymphome. On y cite une meilleure qualité subjective du sommeil, une durée plus longue de celui-ci et une phase de latence plus rapide; résultats mesurés par l’échelle standardisée Pittsburg Sleep Quality Index. Une diminution de l’usage d’hypnotiques fut également remarquée dans cette étude. De plus, des constats quant à la diminution de la fatigue dans des groupes contrôlés et randomisés furent attribués au yoga à deux reprises lors de congrès de la Société Américaine d’Oncologie Clinique (American Society of Clinical Oncology - ASCO). 

Les nausées sont des effets secondaires fréquents des traitements de chimiothérapie. Dans une revue narrative de la littérature, Bower et al rapportent des résultats préliminaires d’une étude contrôlée et randomisée  où le yoga se serait avéré efficace pour diminuer les nausées chez des femmes en cours de traitement de cancer du sein. Un effet similaire fut également rapporté par Moadel et al au congrès de l’ASCO en 2003. Dans une étude pilote non contrôlée, un effet fortifiant, une diminution de la douleur et une meilleure acceptation furent notés chez des femmes atteintes de cancer du sein métastatique suite à la pratique du yoga. De plus, une relation dose-effet semblait ressortir des données de cette recherche. 

Références disponibles sur demande.

Claude

July 17th, 2007

La méditation de pleine conscience en oncologie

Une réduction de 49 % du taux de mortalité par le cancer a été observée chez des individus pré-hypertendus ayant médité pendant une période moyenne de huit ans et des bienfaits de la méditation chez les patients cancéreux ont commencé à être rapportés il y a plus de trente ans dans la littérature médicale. De plus en plus de professionnels travaillant en institution recourent maintenant à elle pour des situations très diversifiées. Serait-ce parce que l’appel de la méditation se fait de plus en plus attirant dans la population en général de par son potentiel d’utilisation comme traitement médical? Ou de par sa capacité à réduire les coûts de santé? Ou encore à cause du désappointement rencontré avec le traitement pharmacologique des désordres psychiatriques rendu plus évident par la publication de deux études multicentriques concernant l’usage de certains psychotropes? 

En juin 2007, le Centre pour une pratique fondée sur des preuves de l’Université de l’Alberta déposait une vaste et rigoureuse analyse de la littérature scientifique concernant la méditation. Cette revue relevait qu’il n’y a pas de consensus établi dans le domaine scientifique pour définir celle-ci. En dépit de cela, la plupart des investigateurs s’accorderaient pour dire que la méditation implique une forme d’entraînement mental requerrant un calme de la pensée et ayant pour but un état d’observation détachée dans lequel les pratiquants sont conscients de leur environnement mais non impliqués dans les pensées le concernant.

 Reposant sur 803 articles extraits de 11,030 citations s’étendant de 1956 à 2005, la même recherche conclut que, selon l’évidence actuelle, nous ne  pouvons pas tirer de constats fermes concernant les effets des pratiques méditatives dans les soins de santé. Il est cependant à noter que cette revue ne s’est attardée qu’à l’hypertension, aux maladies cardiovasculaires et aux abus de substances pour tirer ses conclusions. Les articles se rapportant aux troubles de santé mentale et à l’oncologie représentaient respectivement 8% et 1.5% des recherches recensées. Conservant cette information en mémoire, nous jetterons néanmoins un regard sur une orientation qui offre un certain potentiel en oncologie. 

En effet, une autre étude s’appuyant sur 20 essais contrôlés et randomizés démontra que la méditation est sécuritaire et qu’elle peut s’avérer bienfaisante dans certains troubles non psychotiques de l’anxiété et de l’humeur, de même que pour des désordres émotionnels en lien avec le cancer. D’une façon générale, la méditation basée sur l’usage d’un mantra (répétition d’un son, d’une syllabe, d’un mot ou d’une courte phrase) est la forme la plus scientifiquement étudiée mais la méditation de pleine conscience (mindfulness) occupe la première place en oncologie. 

La méditation de pleine conscience

La pleine conscience est un construit qui a été décrit comme un processus amenant une certaine qualité d’attention à l’expérience qui se déroule d’instant en instant. Elle fut aussi présentée comme une combinaison d’auto-régulation de l’attention, couplée à une attitude de curiosité, d’ouverture et d’acceptation de sa propre expérience. Des résultats préliminaires décrivent les bienfaits sur la santé psychologique et physique d’une attention de qualité. Chez des patients atteints de cancer, des nivaux plus bas de perturbations de l’humeur et de symptômes de stress étaient liées à de plus hauts degrés de pleine conscience selon une échelle de mesure expérimentale.

Quoi que la recherche dans le domaine soit encore jeune, un cadre conceptuel commence à s’élaborer et certains mécanismes physiologiques sont mis de l’avant pour tenter d’en expliquer les effets bénéfiques. La pleine conscience peut être développée par des techniques de méditation spécifiques. Tirant leur origine des pratiques spirituelles bouddhistes, elles sont maintenant introduites de façon séculière dans des formes de thérapies cliniquement fondées.

La réduction du stress par la pleine conscience (mindfulness based stress reduction – MBSR) est un exemple typique de cette approche qui débuta en 1979 au Centre médical de l’Université du Massachusetts sous la direction de Jon Kabat-Zinn afin de soulager des patients aux prises avec des douleurs chroniques.  Introduit dans plus de deux cent quarante hôpitaux américains, ce programme commence à émerger au Québec. La popularité grandissante de cette approche s’est cependant développée en l’absence d’une évaluation scientifique rigoureuse. Il n’en demeure pas moins que, depuis les vingt-cinq dernières années, l’expérience clinique et les recherches préliminaires demeurent encourageantes à de nombreux égards notamment ceux de la gestion des douleurs chroniques, des troubles de l’anxiété et de l’humeur, de la qualité de vie des personnes atteintes de cancer et des maladies cardiaques. Pour toutes ces raisons allant dans le sens d’une évidence potentielle, un effort concerté de milieux académiques américains et canadiens fait en sorte de soutenir une recherche prometteuse en regard du MBSR. 

MBSR en oncologie

La population atteinte de cancer a fait l’objet d’un récent travail impliquant le MBSR dans un contexte médical. Les implications cliniques de ce mode d’intervention se sont révélées pertinentes et une rationnelle quant à son utilisation chez cette population fut développée. Au Canada, le Tom Baker Cancer Centre de Calgary fait office de pionnier dans le domaine. Un programme fut adapté aux besoins de la clientèle locale à partir des travaux de l’équipe de Jon Kabat-Zinn et constitue un exemple typique. Cette intervention a évolué vers huit rencontres de groupe structurées de 90 minutes tenues hebdomadairement à l’intérieur desquelles s’insère une retraite silencieuse de trois heures. Durant ces rencontres, un matériel théorique est enseigné concernant la relaxation, la méditation et la connexion psychocorporelle. Une pratique de la méditation y est vécue et poursuivie à la maison sur une base quotidienne. Une place est aussi réservée pour la tenue d’un processus de résolution de problèmes en vue de contrer les empêchements à la pratique. On partage également dans le groupe les applications quotidiennes concrètes de la pleine conscience. Des interventions de support sont prodiguées mutuellement entre les membres et la tenue d’un journal quotidien s’inscrit également dans cette démarche. Un matériel didactique soutient la pratique à la maison. 

Dans des essais non contrôlés, un lien fut démontré entre le programme MBSR et une réduction des perturbations de l’humeur, de l’anxiété, du stress et des troubles du sommeil. Une amélioration de la qualité de vie fut également remarquée dans ces groupes. Des mesures des symptômes de dépression, d’anxiété, de colère, de confusion et de stress révélèrent une amélioration de ceux-ci chez un groupe hétérogène de patients cancéreux par rapport à un groupe de contrôle randomizé (liste d’attente) et le soulagement était encore observable six mois après l’intervention. Une autre étude pilote non contrôlée vient non seulement confirmer l’amélioration de ces facteurs émotionnels mais aussi suggère un profil immunologique plus positif, ceci après un suivi d’un an. 

Les références sont disponibles auprès de l’auteur.

 

Claude

June 30th, 2007

Le Taijiquan à la une du Medical Post

 

Bonjour,

Dans son édition du 2007-04-03, le journal The Medical Post réserve une place toute spéciale pour introduire un article concernant le taijiquan; rien de moins que la première page.

L’article de M. Mark Cardwell, Helping patients heal through tai chi , se trouve à la page 27 de la version papier.

Claude